En visite en France depuis le 17 septembre (1), le chef spirituel et temporel du Tibet, le dalaï-lama, doit être reçu demain au Sénat par des parlementaires. Cette audition officielle sera, selon le Sénat, l'occasion de «faire le point sur la situation dramatique qui prévaut actuellement au Tibet». Cinquante ans après l'invasion du Tibet, Libération a interrogé le dalaï-lama la semaine dernière sur les perspectives d'un règlement avec la Chine de la question du Tibet.
Vous avez tenté de faire des compromis avec la Chine depuis l'invasion du Tibet voilà un demi-siècle. Ce fut un échec. Pensez-vous qu'un compromis est toujours possible?
Oui, car la situation en Chine et au niveau international a énormément changé depuis cinquante ans. En 1959, il y avait en Chine, et ailleurs dans le monde, cette incroyable volonté de créer des pays socialistes et une société communiste. Mais ce n'est plus le cas ni en Chine ni ailleurs. Vous connaissez cette blague chinoise: «Boris Eltsine arrive en voiture sur une route qui se sépare en deux, d'un côté la voie socialiste, de l'autre la voie capitaliste. Eltsine prend sans hésiter la seconde. Puis arrive Jiang Zemin, qui s'arrête à l'intersection et hésite. Sur le siège arrière, Deng Xiaoping lui dit: "Mets le clignotant socialiste, mais prends le chemin du capitalisme!"» Ce n'est donc plus désormais qu'une question de temps. Tôt ou tard, la Chine deviendra une société plus ouverte. Il y a aussi en Chine, surtout parmi les écrivains et les inte




