Abidjan de notre correspondante
En cette veille d'état d'urgence, les habitants d'Abidjan vaquaient hier à leurs derniers préparatifs. Ceux qui en ont les moyens ont fait des stocks alimentaires, d'autres sont partis en week-end prolongé, et tous ceux qui peuvent prient. Samedi, la Cour suprême doit annoncer la liste des candidats retenus pour l'élection présidentielle du 22 octobre. Chacun s'attend à ce que l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara soit recalé pour «s'être prévalu d'une autre nationalité», alors qu'il fit une partie de sa carrière comme représentant du Burkina Faso. Et tout le monde redoute une réaction violente de ses partisans frustrés, suivie d'une répression musclée de la junte au pouvoir. Pour parer à toute éventualité, celle-ci a décrété l'état d'urgence et le couvre-feu entre aujourd'hui et mardi matin. Une mesure attendue, alors que la tension qui est allée crescendo depuis plusieurs semaines, a atteint un pic ces tout derniers jours. Le numéro un de la junte, le général Gueï, a lancé hier soir un appel au calme : «La fracture que certains semblent appeler de leurs voeux n'aura pas lieu.»
Hostilités entamées. Fort d'un large soutien dans la population ivoirienne sur ce thème, le pouvoir militaire a entamé les hostilités contre «ceux dont les ambitions personnelles mettent en danger la stabilité sociale du pays». Le chef du Rassemblement des républicains (RDR) est accusé de vouloir «mettre le feu». Soupçonnés de recruter des mercenaires et des casseu




