Moscou de notre correspondante
Hier matin, une bombe a explosé dans la capitale tchétchène en ruines, faisant au moins une quinzaine de morts. Une voiture piégée, stationnée non loin d'un commissariat de quartier, a tué huit personnes sur le coup, en blessant quelque vingt autres, dont sept seraient ensuite décédées à l'hôpital. L'attentat a été revendiqué par la présidence indépendantiste. «Cet acte de diversion a été commis par une unité commandée par [le chef de guerre] Issa Mounaiev», a affirmé le porte-parole d'Aslan Maskhadov, qui, depuis le lancement de l'«opération antiterroriste» en octobre 1999, n'est plus reconnu par les Russes comme président légal de la République indépendantiste.
Nouvelle stratégie. A Grozny, deux suspects auraient déjà été appréhendés. La majorité des victimes de cet attentat (deux enquêteurs du Parquet, cinq policiers et deux femmes civiles) étant des Tchétchènes et non des Russes. Serguei Iastrjembski, le conseiller du président Vladimir Poutine sur la Tchétchénie, s'est empressé d'affirmer que «les terroristes sont passés à une autre stratégie: prendre pour cible leur propre population». Des militaires russes interviewés par la télévision d'Etat RTR sur la base de Khankala à Grozny ont immédiatement fait écho à cette accusation en soulignant à quel point les «terroristes» ne savaient même plus «faire la différence entre des civils et les Fédéraux» (les forces russes, ndlr).
Pour les quelques milliers de rebelles tchétchènes qui poursuivent la




