Abidjan envoyés spéciaux
Il y a quinze mois seulement, il dominait le monde du 18e étage d'une tour au coeur de Washington. Jusqu'en juillet 1999, Alassane Dramane Ouattara «ADO» pour les Ivoiriens était directeur général adjoint du Fonds monétaire international. Aujourd'hui, il est claquemuré dans une villa sur la lagune d'Abidjan, gardée par plusieurs centaines de jeunes, une dizaine de vigiles et une vingtaine de dozos armés de fusils, des chasseurs traditionnels du nord de la Côte-d'Ivoire dont Ouattara est originaire. «Je suis tombé du monde moderne en barbarie», soupire l'homme de 58 ans qui, comme tous les opposants du pays, est interdit, depuis mai, de sortie du territoire par la junte au pouvoir.
«Tentative d'enlèvement». En «résidence forcée», selon son expression, ADO quitte rarement la maison. Il y a quinze jours, le 3 octobre, des hommes en uniforme ont tenté de se saisir de son épouse française, Dominique, à midi et en plein centre-ville. Ayant troqué sa BMW habituelle contre la voiture blindée de son mari, elle a pu s'échapper mais pas ses gardes du corps, parmi lesquels deux Français. Inculpés de «rébellion», ils sont détenus à la maison d'arrêt d'Abidjan. Pour Ouattara, «c'est la milice de Boka Yapi qui a monté cette tentative d'enlèvement». Fidèle parmi les fidèles du général-président Robert Gueï, au pouvoir depuis le putsch de Noël dernier, Boka Yapi est chef des «brigades rouges».
«Ils font ce qu'ils veulent», lâche l'opposant. Les traits tirés, il se p




