Menu
Libération

En Côte-d'Ivoire, personne n'imaginait perdre

Réservé aux abonnés

Gueï et Gbagbo croient à leur succès à la présidentielle.

Publié le 23/10/2000 à 5h40

Abidjan de notre correspondante

«Si quelqu'un triche, vous occupez tout en Côte-d'Ivoire, vous occupez la télévision, la radio, la présidence!» Samedi, devant des milliers de militants surchauffés, le candidat socialiste Laurent Gbagbo a lancé son avertissement à Yopougon, quartier populaire d'Abidjan et bastion de son parti, le Front populaire ivoirien (FPI). Si le général-candidat Robert Gueï essaie de se maintenir par la fraude, c'est promis, il lancera ses troupes à l'assaut de la rue, «comme à Belgrade». «Nous mettons la pression, mais je ne crois pas à un baroud d'honneur de notre adversaire en cas de défaite», confie pourtant le numéro 2 du FPI. Car, pour la première fois en Côte-d'Ivoire, le scrutin d'hier s'est déroulé sous l'égide d'une Commission nationale électorale (CNE) indépendante, et non sous la tutelle d'un ministère de l'Intérieur toujours acquis au régime en place.

Rumeurs. Faute d'avoir obtenu un tel dispositif lors de la précédente présidentielle de 1995, l'opposant Gbagbo avait préféré boycotter. Cette année, deux des trois grands partis ivoiriens n'ont pas de candidat, par décision d'une Cour suprême soumise au général-président, en poste depuis le coup d'Etat de Noël. Le prétendant socialiste, épargné, sait donc qu'il a une chance de l'emporter et de balayer par les urnes un militaire porté au pouvoir, dans l'enthousiasme populaire, par une poignée de «jeunes gens» en treillis.

Bureau 251 à Yopougon, l'enjeu fait monter la tension. Des rumeurs de faux b

Dans la même rubrique