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Libération

Pyongyang, ravisseur présumé

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Des Japonais accusent la Corée du Nord d'avoir enlevé leurs proches.

Publié le 24/10/2000 à 5h42

Tokyo de notre correspondant

Sur le mur de son bureau, Shigeru Yokota a épinglé les photos de tous les disparus. Une dizaine de visages. Le président de l'association des familles des Japonais présumés otages en Corée du Nord récite leur histoire dans les moindres détails. Celle de Yasushi Shimura et de sa fiancée Fukie Hamamoto par exemple. Depuis le 7 juillet 1978, personne n'a revu ce jeune couple, volatilisé sur une plage de la préfecture côtière de Kagoshima. Mais le cas le plus dur à évoquer, pour ce sexagénaire, est bien sûr celui de sa propre fille Megumi, portée disparue un jour de l'été 1977. Megumi Yokota avait treize ans. Elle revenait ce soir-là d'un match de badminton au stade de Niigata, une ville en bord de mer où habitaient alors ses parents, face à la péninsule coréenne. Puis plus rien. 3 000 policiers mobilisés, des centaines d'interrogatoires, des tonnes de documents épluchés. Rien. «C'est comme si notre fille s'était désintégrée, poursuit la mère de la jeune fille, au bord des larmes. Nos enfants, nos frères, nos soeurs sont des fantômes. Les fantômes de cette guerre froide que l'on veut aujourd'hui oublier.»

Kidnappés. Alors que le Japon vient d'accorder une aide alimentaire de 500 000 tonnes de riz à la Corée du Nord, la protestation de ces parents de disparus contre le rapprochement en cours entre les deux pays occupe le devant de la scène nippone. Un ultime obstacle au dialogue entre Tokyo et Pyongyang qui trouve son origine dans les révélations faites

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