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tribune

Elisabeth II, reine d'Amérique

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Pendant que la Floride recompte, les internautes rigolent. Exemple.

Publié le 18/11/2000 à 6h47

Les tabloïds anglais, se moquant de la confusion politique aux Etats-Unis, ont mis en une Mickey Mouse, sous-entendant qu'il soit le futur président. Mais les sarcasmes de l'étranger évacuent un peu facilement les leçons de cet incroyable suspense en Floride qui réhabilite plus qu'il ne discrédite le processus démocratique.

Les Américains ont ainsi découvert que, c'est vrai, chaque vote compte. Le pays a suivi une énorme leçon de droit constitutionnel, jusqu'aux petites classes des écoles. Mais, à côté du sérieux des enjeux historiques de ce scrutin, un déluge de sketches se déversent dans les talk-shows ­ de Saturday Night Live (CBS) où le sosie extraordinaire de Clinton s'interroge, gravement: «Pourquoi tant d'agitation? Vous avez un Président, à quoi servira d'en élire un autre?», à Jay Leno (NBC) qui dénonce Bush «l'Eliminator» (il ne manque jamais de parler des exécutions qui continuent au Texas). Et, depuis le 7 novembre, le courrier électronique implose.

On s'envoie des blagues, des textes de Woody Allen anonymes et géniaux. Pour exemple, cette «Révocation de l'Indépendance» qui se moque de l'incapacité des Etats-Unis d'Amérique à élire leur Président et propose de rendre tout de suite les colonies du Nouveau Monde à «l'Honorable reine Elisabeth II», qui saura, elle, arranger les choses. Parti d'on ne sait où, circulant à la vitesse de l'Internet, c'est le genre d'éclat de rire qui défoule le pays pendant que la Floride peine à compter ses votes.

La reine Elisabe

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