Menu
Libération

Ocalan défend sa tête à la Cour européenne

Réservé aux abonnés

Le leader du PKK accuse la Turquie de manquements aux droits fondamentaux.

Publié le 22/11/2000 à 6h54

Strasbourg

de notre correspondante

Plaidoyer contre la peine de mort d'un côté; défense d'une législation d'exception au nom de la raison d'Etat de l'autre. La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a examiné hier la requête du leader indépendantiste kurde Abdullah ÷calan, condamné à mort le 29 juin 1999 par la Cour de sûreté de l'Etat d'Ankara. Le chef du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), arrêté au Kenya en février 1999 dans des circonstances non élucidées, emprisonné depuis sur une île turque, réclame la condamnation de la Turquie pour manquement à plusieurs droits fondamentaux. Entre autres : le droit à la vie, l'interdiction de mauvais traitements, le droit à la liberté et à la sûreté, le droit à un procès équitable, la liberté de pensée et de conscience, l'interdiction de discrimination.

Strasbourg a été placé sous haute protection policière. Alors que commencent les trois heures d'audience consacrées à l'affaire, deux manifestations traversent la ville sans incident. L'une rassemble environ 18 500 Kurdes (selon la police), venus de France, mais surtout d'Allemagne et des Pays-Bas. L'autre réunit 3 000 Turcs non kurdes, qui veulent dénoncer le «terrorisme du PKK».

Les défenseurs d'÷calan tentent de faire le procès de la peine capitale, abolie par 39 des 41 pays membres du Conseil de l'Europe (la Russie a signé la Convention sans la ratifier, seule la Turquie n'a fait ni l'un, ni l'autre). Ils savent que la Cour européenne est l'ultime recours de leur client:

Dans la même rubrique