Cluj envoyée spéciale
Lorsque l'on appelle le téléphone portable de Corneliu Vadim Tudor, on entend le message suivant: «Pour les Roumains, appuyer sur la touche numéro 1. Pour les Hongrois, appuyer sur la gâchette.» C'est la dernière «plaisanterie» qui courait parmi les Hongrois de Transylvanie (1) comme pour conjurer leur peur avant la présidentielle. La minorité magyare de Roumanie environ 1,8 million de personnes sur 23 millions d'habitants craignait surtout la victoire de l'ultranationaliste Corneliu Vadim Tudor.
Entre le marteau et l'enclume. «Il est cinq fois pire que Jean-Marie Le Pen. Il a déclaré que le pays devrait être gouverné "à la mitraillette". Il dit qu'il aime les Hongrois, mais sa véritable intention est de les chasser du pays. S'il est élu, je fais mes valises», déclare Olivér Kiss, journaliste à Szabadsag, quotidien régional publié à Cluj (Kolozsvár en hongrois), où 22 % de la population est magyare. Coincés entre le marteau et l'enclume, les Hongrois répugnent aussi à voter pour Ion Iliescu, le favori de ce second tour, considéré comme un communiste autoritaire et hostile à la minorité magyare. «C'est lui qui, en tant que dirigeant des Jeunesses communistes, a supprimé l'université hongroise autonome en 1959», accuse Ildiko Lorincz, étudiante de 29 ans à l'université de Cluj. Sous la présidence d'Iliescu (1990 -1996), des lois discriminatoires ont été adoptées comme la législation sur la restitution des terres qui désavantageait les Magyars (amendée e




