Vienne de notre correspondant
Après le concert de critiques qui avait accueilli l'an dernier son alliance avec l'extrême droite, le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel parade. Après des mois de difficiles négociations, son gouvernement vient d'obtenir la signature d'un accord d'indemnisation des victimes juives spoliées pendant sa période nazie. Le document, signé mercredi soir à Washington, prévoit un total de 360 millions de dollars (381 millions d'euros) à répartir entre les survivants, les ayants droit et quelques institutions juives. Une somme de 7 000 dollars (7 450 euros) doit être immédiatement distribuée à chacune des 21 000 victimes juives encore vivantes (et autrichiennes en 1938), auxquelles s'ajoutent quelques centaines de Roms et d'homosexuels. Le reste sera accordé au cas par cas.
«Paix juridique». L'Autriche s'en tire donc très bien, avec un montant finalement assez modeste. S'appuyant sur des recherches très récentes, la communauté juive de Vienne estime à 160 milliards de dollars (170 milliards d'euros) la valeur actuelle des biens spoliés. Le pays s'est assuré une «paix juridique» avec les Etats-Unis, le gouvernement américain s'étant engagé à bloquer toute poursuite à l'encontre de l'Etat autrichien ou de sociétés autrichiennes. La quasi-totalité des avocats impliqués dans cette affaire ont apposé leur signature en bas du document.
En moins d'un an, Schüssel a donc accompli ce qu'aucun gouvernement n'avait réussi avant lui: régler définitivement les ques




