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Canada : punition abusive pour une fiction dynamite

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Un adolescent a fait 34 jours de prison pour avoir écrit un texte dans lequel un garçon harcelé fait sauter son école.

Publié le 03/02/2001 à 22h33

Montréal correspondance

L'adolescent ontarien est le premier surpris par l'ampleur de la controverse que ses écrits ont soulevée. «Cette affaire a pris des proportions titanesques», s'est exclamé le lycéen d'Avenmore à l'issue de la manifestation de soutien dont il a fait l'objet, dimanche dernier à Ottawa. Des centaines de personnes, parmi lesquelles les écrivains Margaret Atwood et Michael Ondaatje, se sont réunies en signe de solidarité avec le jeune garçon, devenu bien malgré lui le symbole d'un combat pour la liberté d'expression. L'adolescent de 16 ans vient en effet de passer trente-quatre jours en prison après avoir écrit un texte fictif dans lequel un garçon de son âge, harcelé par un groupe d'élèves, fait sauter son école avec de la dynamite.

Perquisitions. Lue en classe dans le cadre d'un cours d'art dramatique, la fiction, intitulée Twisted («tordu»), a effectivement eu l'effet d'une bombe. Certains élèves ont laissé entendre que le garçon s'était lui-même mis en scène. Des rumeurs ont commencé à circuler selon lesquelles il aurait une liste de cibles et des explosifs. Quelques lycéens ont dit avoir reçu des menaces. Inquiets, des parents d'élèves de l'école secondaire de cette petite ville de l'est de l'Ontario ont demandé l'intervention de la direction. Quelques jours plus tard, la police s'est rendue sur place, a fouillé l'école puis a perquisitionné le domicile du lycéen. Après avoir saisi plusieurs écrits et une copie du devoir scolaire, elle a arrêté l'adoles

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