Harare envoyée spéciale
Robert Mugabe s'est trouvé de nouveaux ennemis: après les fermiers blancs, le président zimbabwéen s'attaque désormais aux journalistes et aux juges. A tel point que, inquiet de cette «détérioration», le Commonwealth a décidé mercredi d'envoyer au Zimbabwe une commission d'enquête.
Un mois après l'explosion d'une bombe au siège du Daily News, un quotidien national indépendant, l'expulsion de deux journalistes étrangers sonne comme un nouvel avertissement. Le correspondant de la BBC et une journaliste de l'hebdomadaire sud-africain The Mail & Guardian ont été priés, il y a une semaine, de quitter le pays, parce qu'«ils déformaient ce qui se passe au Zimbabwe et colportaient des mensonges», selon les termes du ministre de la Justice.
De leur côté, les juges de la Cour suprême payent par des intimidations le verdict qu'ils ont rendu en faveur des fermiers blancs, jugeant illégales les invasions de leurs propriétés privées. Anthony Gubbay, le président de la Cour suprême, a dû partir en «retraite anticipée» en janvier. Il est le seul à avoir cédé pour l'instant, mais d'autres départs s'annoncent inévitables.
Sur tous les fronts. De plus en plus crispé, le pouvoir a fait de l'attaque sa meilleure défense. Toujours persuadé d'être la victime d'un complot international mené par la Grande-Bretagne, Robert Mugabe s'acharne à vilipender ses opposants. «Ils lèchent les bottes des Blancs», a-t-il lancé au cours d'une longue interview télévisée, donnée mercredi à l'oc




