Seul continent abolitionniste depuis 1997, date de la dernière exécution capitale en Ukraine, l'Europe s'est trouvée un combat: la fin de la peine de mort. Annoncé hier à l'Assemblée nationale par son président Raymond Forni, un congrès réunira du 21 au 23 juin prochain, au Parlement européen de Strasbourg, tous les abolitionnistes du monde.
«Pays ami». «Aucun pays n'est visé», a assuré Raymond Forni, mais tous les intervenants ont dénoncé les Etats-Unis lors de la conférence de presse. «Un pays ami qui devrait montrer l'exemple», a averti le président de l'Assemblée, très engagé dans ce combat aux Etats-Unis où il s'est déjà rendu pour soutenir plusieurs causes célèbres.
Selon lui, la peine de mort est «un instrument de gestion politique» outre-Atlantique, et George W. Bush doit ses succès à sa fermeté en la matière. Ahmed Othmani, président de la section française de l'ONG abolitionniste Penal Reform International, a demandé que «saute le verrou américain», tandis que le responsable de la Fédération internationale des droits de l'homme a annoncé deux missions d'enquête, toutes deux aux Etats-Unis. Raymond Forni a lancé cette initiative, entouré notamment de son homologue italien Luciano Violante, de la présidente du Parlement européen Nicole Fontaine, de Philippe Maurice, libéré le 8 mars 2000 après plus de vingt ans de prison. Dans une intervention, celui-ci, condamné pour meurtre et gracié juste avant l'abolition de la peine capitale par la gauche en 1981, a expliqué que c




