Québec envoyée spéciale
A quelques heures de l'arrivée à Québec des premiers chefs d'Etat et de gouvernement, la diffusion de documents confidentiels sur les négociations de la Zone de libre-échange des Amériques (Zlea) a suscité un vif émoi au contre-sommet des Peuples (Libération d'hier). Ce rapport de 42 pages, dévoilé via l'Internet par une ONG américaine, aurait été rédigé par les négociateurs des trente-quatre pays chargés du chapitre sur les investissements. Daté de novembre, non finalisé, ce document donne une idée assez précise des règles du jeu que les Etats américains entendent établir dans ce bloc économique qui doit voir le jour en 2005. S'appuyant sur le chapitre XI de l'Alena qui donne la possibilité à des entreprises privées de poursuivre en justice des gouvernements dès lors que ceux-ci prennent des décisions contraires à leurs intérêts , les projets divulgués mercredi à Québec semblent aller encore plus loin dans la reconnaissance de la primauté des investissements sur les intérêts nationaux. Ils permettent aux entreprises de demander des compensations financières aux gouvernements en cas de troubles civils ou militaires (révolution incluse). Ils prévoient de supprimer tout contrôle sur les capitaux et interdisent également aux Etats de réglementer d'une quelconque façon les investissements étrangers sur leur sol. Un gouvernement n'aurait donc aucun droit de regard sur la conduite des opérations ou les politiques d'expansion que mèneraient des investisseu




