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Libération

Le meurtre d'un homme par un gendarme enflamme la Kabylie.

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Depuis samedi, les jeunes défient les forces de l'ordre.

Publié le 24/04/2001 à 0h34

«Vous ne pouvez pas nous tuer, nous sommes déjà morts»: depuis samedi, ils sont des centaines, très jeunes, souvent lycéens, à manifester leur colère en lançant des pneus enflammés, des pierres, des cocktails Molotov contre le siège de la gendarmerie à Beni Douala, El-Kseur et Amizour, en Kabylie. Hier, après une matinée calme à Beni Douala, ils ont recommencé à s'en prendre aux gendarmes, qui ripostent à coups de lacrymogènes avec le renfort des unités antiémeutes dépêchées de Tizi Ouzou.

Exécution sommaire. Tous revenaient de l'enterrement du jeune Mohamed Guermah, tué mercredi soir de sang-froid par un gendarme de Beni Douala. A la fin des obsèques, auxquelles assistaient deux mille personnes, le père de la victime a, une fois de plus, appelé au calme, affirmant qu'il allait entamer des poursuites judiciaires. Ce n'était visiblement pas suffisant pour apaiser la révolte provoquée par ce qui ressemble fort à une exécution sommaire.

Provocation. Il est environ 18 h 30 mercredi quand Mohamed Guermah est brutalement traîné dans le poste de gendarmerie après avoir été arrêté dans la rue, où une altercation vient d'avoir lieu. Peu de temps après, il est grièvement blessé par six balles tirées à la cuisse dans la salle d'attente. «Rafale de pistolet-mitrailleur tombé accidentellement des mains d'un gendarme», soutient la version officielle. «Enlèvement et assassinat», affirment la famille et les habitants du village. Cela suffisait d'autant à provoquer la colère que ce n'est pas l

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