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Libération

En Kabylie, la rue ne se calme pas.

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Cinq nouvelles victimes, hier dans la région où les émeutes s'étendent.

Publié le 27/04/2001 à 0h36

Les émeutes, qui se sont poursuivies hier en Kabylie, ont fait cinq nouvelles victimes. Trois personnes ont été tuées par balles et onze blessés par la police, à El Kseur, où plusieurs édifices publics ont été incendiés. A Akbou, deux manifestants sont aussi tombés sous les tirs des forces de sécurité. A Maatka, un bébé aurait été tué par les lacrymogènes lancées par les gendarmes à l'intérieur des maisons. A Bouira, des manifestants ont brûlé des pneus et arraché des plaques de signalisation. A Tizi Ouzou, ils s'en sont pris au commissariat après une manifestation pacifique. Si le calme régnait à Amizour, d'où était partie dimanche la contestation dans la région de Béjaïa, la violence semblait devoir embraser hier jusqu'aux abords de Sétif.

Ras-le-bol. Chômage, mal vie, arbitraire policier et refus des autorités de reconnaître officiellement langue et culture berbères suffisent à expliquer le ras-le-bol immense exprimé par des milliers de jeunes et provoqué par l'exécution d'un des leurs dans la gendarmerie de Beni Douala. Pour autant, les innombrables témoignages recueillis par téléphone indiquent que la poursuite des émeutes est aussi voulue.

Harcèlement. Tous s'accordent en effet à évoquer, partout, des «provocations de la gendarmerie». Les exemples sont légion: à Maatka, les gendarmes ont investi la municipalité et insulté ses élus. A Bougie, ils harcelaient depuis un mois les commerçants, exigeant qu'ils leur donnent des marchandises. Les affrontements, qui avaient fait

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