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Libération

«L'avenir... quel avenir?»

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Publié le 03/05/2001 à 0h45

Ahmed a 21ans. Garçon de café à Tizi Ouzou, il a arrêté ses études après la première année de secondaire. Légèrement blessé lors des émeutes qui ont secoué la Kabylie, il explique pourquoi il a rejoint les jeunes qui sont descendus dans la rue après le meurtre d'un des leurs dans une gendarmerie le 18 avril.

«Je suis sorti dans la rue pour demander mes droits, les autres aussi. On veut mettre fin à la misère, au mépris. On ne veut plus se taire. On en a marre du silence. Dans ce pays, si tu n'as pas d'argent, tu es foutu. Pour la moindre chose, il faut du bakchich. Je connais un barman qui a été agressé par son patron. Il lui a pris une chaîne en or. Il décide de déposer plainte. Quand le policier a su de qui il s'agissait, il a refusé de recevoir la plainte et il s'est fait chasser à coups de menaces. Ce bar a été brûlé par les manifestants. Le propriétaire est connu pour «arroser» les services de sécurité, surtout les gendarmes. Il est bien protégé.

»Moi, j'ai été longtemps au chômage. J'ai gagné un peu d'argent en extrayant du sable de l'oued. A chaque fois qu'on se fait prendre par les gendarmes, leur chef, "Zorro", nous propose de choisir entre payer la tchippa (bakchich) ou bien se faire saisir le camion. Ils nous disent que c'est interdit, alors que le colonel X a des sablières qu'il exploite tranquille. Il est à la retraite et il fait des affaires.

Mépris. »C'est pour tout ça que je me révolte. Nous voulons el haq (la justice) pour le riche et le misérable. On veut qu'i

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