Le retour au calme s'est confirmé hier en Kabylie après douze jours de sanglantes émeutes. Mais quelques incidents ont eu lieu, pour la première fois, dans le secteur de Bordj Bou Arreridj. Une «marche pacifique» devrait se dérouler aujourd'hui au centre d'Alger à l'appel du Front des forces socialistes (opposition). Dans un «appel urgent», adressé notamment au secrétaire général des Nations unies et au président américain, son leader Hocine Aït-Ahmed estime que le «dispositif militaro-policier démesuré» qui se met en place à la veille de cette manifestation fait craindre un «bain de sang». Il réclame donc que les autorités soient «prévenues de ne pas utiliser les armes (pour réprimer) une marche pacifique». De son côté, Saïd Sadi, le chef du Rassemblement pour la culture et la démocratie, qui vient de quitter le gouvernement, a vu dans l'attitude des forces de sécurité une «décision de répondre par la terreur à une demande sociale».
A Paris, le Parti socialiste a dénoncé «la brutalité de la répression dont le régime porte l'entière responsabilité» et annoncé qu'il proposera au congrès du Parti des socialistes européens, lundi et mardi à Berlin, «d'appeler l'UE à soutenir auprès de l'ONU la demande des démocrates algériens d'une commission d'enquête internationale». Hubert Védrine a aussi durci le ton. Jugeant la situation «extrêmement grave», il a affirmé que la France ne peut rester silencieuse face à «la violence de la répression» et appelé au «dialogue politique».
A Alger,




