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Schröder-Jospin unis pour la façade

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A Berlin, les socialistes européens ont masqué leurs dissensions sur l'UE.

Publié le 08/05/2001 à 0h48

Berlin envoyés spéciaux

Gerhard Schröder n'est pas du genre à chercher l'affrontement pour le plaisir. Conscient que ses propositions radicales en faveur d'une Europe fédérale, adoptées hier matin par la direction du Parti social-démocrate (SPD), ne suscitaient pas un enthousiasme démesuré parmi les «partis frères», le chancelier s'est bien gardé de les développer devant le Congrès du Parti des socialistes européens (PSE), réuni depuis hier après-midi dans la capitale allemande. C'est à peine s'il s'est permis d'y faire référence, dans son discours d'ouverture, en proclamant que «l'Allemagne mettra sa puissance économique et sa volonté politique au service de l'intégration européenne». Ce qui ne mange pas de pain.

En touche. L'invité français, Lionel Jospin, a été sensible au parfait savoir-vivre de son hôte. Interrogé sur son absence de réaction aux propositions du chancelier lors d'une conférence de presse tenue en commun avec Gerhard Schröder, le Premier ministre a pu botter en touche: «Le SPD fait librement ses propositions.» Pour Jospin, «on ouvre un grand débat national et européen» qui doit «déboucher en 2004» sur un nouveau traité européen. «Qu'il commence!», a-t-il répété en refusant, encore une fois, de livrer sa vision de l'avenir de l'Union. Le Premier ministre ne voit donc pas de problème ­ officiellement du moins ­ à ce que l'Allemagne mène seule le débat depuis un an. C'est en mai 2000 que le chef de la diplomatie allemande, Joschka Fischer, a proposé de transfo

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