Bruxelles correspondance
«C'est la première fois en cinquante ans que les responsables européens ont à juger un traité de régression et non de progrès», s'est exclamé François Bayrou. Le leader de l'UDF s'est donc abstenu hier à Bruxelles de voter l'avis du Parlement européen sur le traité de Nice. Seulement 58 autres eurodéputés l'ont suivi, ce qui a permis à cet avis ambigu, à mi-chemin du oui et du non, d'être largement adopté par 338 voix contre 98 (dont une partie des communistes, les chasseurs et les souverainistes).
Faiblesses de la réforme. Parmi ces derniers, le Français William Abitbol a carrément voté non à un traité «nul» et «dangereux», qui va être maintenant soumis aux Parlements nationaux, à commencer par l'Assemblée nationale, appelée à le ratifier le 12 juin, après un débat prévu mardi prochain.
Le rapport de l'Europarlement dénonce les innombrables faiblesses de la dernière réforme institutionnelle péniblement conclue le 11 décembre 2000Êpar les chefs d'Etat et de gouvernement : une procédure de décision «plus confuse et plus opaque», la non-intégration de la charte des droits fondamentaux dans les traités, le maintien de la règle du vote à l'unanimité pour de nombreuses questions «fondamentales», une extension insuffisante des pouvoirs du Parlement. Mais la plupart des députés ont reconnu au nouveau traité le mérite de lever «le dernier obstacle formel à l'élargissement». Faute de pouvoir le rejeter, les eurodéputés se sont donc refusés à donner une consigne




