Selon les Népalais, leur roi est la réincarnation de Vishnu, l'un des dieux fondamentaux du panthéon hindou. Mais on a beau être l'avatar d'une déité, on n'en demeure pas moins mortel. Le roi Birendra est mort vendredi soir, tué vraisemblablement par son propre fils qui voulait défier sa famille, les astrologues et les diplomates népalais, tous opposés à son mariage avec une femme à moitié indienne. Les informations en provenance du Népal sont rares et contradictoires, mais il semble que le prince Dipendra, ivre après une dispute, ait tué outre son père sa mère, son frère, sa soeur et cinq autres membres de la famille royale. Le meurtrier présumé a ensuite retourné l'arme contre lui et serait, selon les rumeurs de Katmandou, cliniquement mort et maintenu artificiellement en vie. Régicide, parricide, matricide, le prince a été malgré tout désigné roi, comme le veut la Constitution du royaume. Mais la régence a été confiée à son oncle le frère du roi le très impopulaire prince Gyanendra.
Corps brûlés. Cette version himalayenne des Atrides a plongé le Népal, seul royaume hindouiste au monde, dans la stupeur. Dimanche, des centaines de milliers de Népalais, peut-être un million selon les témoins, ont accompagné les dépouilles de leur roi et de leur reine à travers les rues de Katmandou. Le visage découvert et encore sanglant, les monarques ont été réduits en cendre sur un bûcher de bois de santal, sur les rives de la rivière Bagmati. A la même heure, le pays est aussitôt




