Istanbul de notre correspondant
Les grèves de la faim jusqu'à la mort des détenus de l'extrême gauche armée sont entrées hier dans leur 266e jour, et la majorité de l'opinion publique turque continue à garder le silence. Le bilan de ce mouvement d'une durée sans précédent s'élève pourtant déjà à 60 morts, dont 2 gendarmes: 32 détenus qui avaient cessé de s'alimenter ont été tués pendant l'assaut sanglant lancé contre 20 prisons, le 19 décembre 2000. Depuis, 28 grévistes de la faim ont succombé, malgré la prise de vitamines et d'eau sucrée pour tenir plus longtemps. Une quarantaine d'autres seraient dans un état critique, selon l'Association des droits de l'homme, qui, soutenue par une vingtaine de partis de gauche et d'organisations professionnelles, appelle à une manifestation dimanche à Istanbul pour briser le mur du silence.
Fin des dortoirs. Le ministère de la Justice refuse toujours tout dialogue avec les grévistes, considérés comme des «terroristes», qui poursuivent leur mouvement dans les prisons de «type F», soit des cellules pour 1 ou 3 personnes. Les grèves de la faim illimitées avaient commencé à l'automne pour bloquer la création de ces quartiers de haute sécurité pour les détenus accusés de terrorisme ou condamnés à de longues peines.
Quelque 10 000 prisonniers politiques, en majorité des Kurdes accusés d'appartenir au PKK (Parti des travailleurs), purgent ainsi leur peine dans plus de 40 prisons du pays. «Les cellules de type F signifient l'isolement, la torture e




