L'ampleur du mouvement de contestation qui s'est exprimé depuis trois mois dans plusieurs régions du pays, particulièrement en Kabylie et à l'Est, a fait quelque peu oublier que des Algériens continuent à mourir presque quotidiennement, victimes de la «sale guerre». Depuis une quinzaine de jours, massacres et attentats imputés officiellement aux islamistes armés se multiplient. Samedi, onze personnes ont été tuées et cinq autres blessées dans la province de Tipasa, à une quarantaine de kilomètres d'Alger. Dix hommes ont fait irruption vers 21 heures dans cinq maisons du village d'Hameur el-Ain et ont tiré à la mitraillette, tuant notamment trois enfants de moins de 10 ans, avant de s'enfuir vingt minutes plus tard.
«J'ai pu voir le carnage depuis la terrasse de notre maison, mais nous n'avons rien pu faire, parce que nous ne sommes pas armés, et que les autorités refusent de nous donner des armes, parce qu'elles croient que nous sommes des terroristes», raconte un témoin cité par l'agence Reuters. Selon d'autres témoins, les villageois avaient repéré les assaillants un quart d'heure avant l'attaque. Ils avaient alerté la police, mais celle-ci n'est arrivée qu'une demi-heure après la tuerie. Les services de sécurité se sont bornés à déclarer que les victimes dont on ignorait, hier, l'identité ont été «lâchement assassinées par un groupe de terroristes», terminologie officielle pour désigner les islamistes armés.
Pendant ce temps, de nouveaux heurts se produisaient dans plus




