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Libération

Le président indonésien proclame l'état d'urgence

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Menacé de destitution, Wahid a dissous l'Assemblée.

Publié le 23/07/2001 à 0h08

Djakarta envoyé spécial

A la veille de la session spéciale de l'Assemblée législative indonésienne qui s'apprêtait à voter sa destitution, le président Abdurrahman Wahid a dissous, hier soir, cette Assemblée et proclamé l'état d'urgence. Il avait pourtant prévenu qu'il ne démissionnerait pas, «non pas par intérêt personnel ou pour défendre ma position, mais parce que cette procédure politique ne va rien résoudre». Ses opposants l'accusent d'incompétence et d'être mêlé à des affaires de corruption. Pour cet intellectuel musulman, généralement considéré comme un démocrate convaincu, la seule façon de mettre un terme à la crise politique qui paralyse le pays depuis des mois était de «remettre [son] mandat au peuple en organisant des élections immédiates», expliquait-il. La dissolution de l'Assemblée législative permet la tenue d'élections anticipées.

Attentats. Djakarta, la capitale indonésienne, vit ce qui apparaît comme les tout derniers jours de la présidence Wahid dans une atmosphère de violence politique. Deux attentats à la bombe ont ébranlé la capitale hier dans la matinée. Une bombe de forte puissance a partiellement détruit en plein office un temple protestant d'un quartier est de Djakarta, faisant cinquante-huit blessés, dont dix graves. Quelques minutes plus tard, un second attentat détruisait un minibus près d'un autre temple protestant sans faire de blessés.

La proclamation de l'état d'urgence, une «prérogative du Président», risque de ne pas lui être d'un grand secou

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