L'antimondialisation libérale continue à faire son chemin. Y compris dans l'esprit de Lionel Jospin. Hier matin, le Premier ministre s'est félicité de «l'émergence planétaire d'un mouvement citoyen». S'exprimant au lendemain du sommet de Gênes, il n'a pas manqué de condamner «les manifestations de violence auxquelles tente de recourir une minorité au prétexte de dénoncer les méfaits de la globalisation». Mais il s'est réjoui du «souhait» exprimé par «une majorité d'hommes et de femmes de mieux partager les bénéfices potentiels de la mondialisation entre les pays riches et les pays pauvres».
«Dialogue». Dans l'après-midi, à Bucarest, il a semblé enterrer le G8 sous sa forme actuelle: «Il faudra singulièrement revoir sa conception et ses formes d'organisation. Moi, je crois dans les grandes organisations internationales. [...] Mais je ne crois pas trop au directoire de quelques pays», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre roumain Adrian Nastase. Il en a profité pour réaffirmer le soutien de la France à l'intégration de la Roumanie dans l'UE. Il s'est toutefois bien gardé d'évoquer une date d'entrée.
En tout cas, Lionel Jospin a dit comprendre les manifestants pacifistes: «Le dialogue entre les Etats légitimement élus et démocratiques et les organisations non gouvernementales est indispensable.» Sur le fond, il s'est interrogé sur la mondialisation qui est «un fait»: «Le problème, c'est comment elle se fait. Est-ce que c'est pour réduire




