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Libération

Alger s'attaque au statut des avocats

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Une réforme prévoit un contrôle étroit par les procureurs généraux.

Publié le 28/07/2001 à 0h11

Après les journalistes, les avocats. Quelques semaines tout juste après qu'une modification du code pénal a verrouillé la liberté de presse, les autorités algériennes viennent de provoquer un tollé dans le secteur de la justice avec un projet visant à réorganiser le statut des avocats. Dès le 30 juin, le président du Conseil de l'ordre des avocats avait écrit au ministre de la Justice Ahmed Ouyahia pour dénoncer «les propositions de cet avant-projet, qui remettent en cause un certain nombre de principes fondamentaux concernant les libertés et les droits de la défense». «Concocté dans les bureaux du ministère de la Justice, ce texte ne vise qu'à une chose: intimider et mettre au pas notre profession», estime un avocat du barreau d'Alger. Me Mokrane Aït Larbi ne dit pas autre chose dans un entretien publié cette semaine par la presse algérienne: «Donner aux procureurs généraux le droit de saisir le conseil de discipline revient à mettre le barreau sous la tutelle du parquet. Car pour assurer l'indépendance des avocats, seul le bâtonnier doit être habilité à les déférer devant le conseil de discipline.»

Enormités. Les prérogatives accordées aux procureurs généraux sont, il est vrai, exorbitantes. Ils pourront ainsi intervenir dans l'inscription des avocats au barreau, ce qui fera de ces derniers leurs obligés.

Autre énormité du projet de loi: les perquisitions dans les cabinets des avocats pourront se faire sans la présence du bâtonnier ou de son représentant, comme la loi l'exig

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