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Libération

«Nous avons préféré l'apaisement à la vérité».

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Publié le 03/08/2001 à 0h20

Les conclusions de la commission d'enquête sur les émeutes en Kabylie (Libération du 30 juillet) n'en finissent pas de créer des remous en Algérie. Dans la presse, mais aussi au sommet de l'Etat, où elles sont utilisées dans les sempiternelles luttes pour le pouvoir que se livrent les plus hauts dirigeants. «Zones d'ombres», «occultations des dossiers sensibles», résume ainsi El-Khabar. «Beaucoup de choses sont dites implicitement, peut-être pour ne pas risquer de pousser à la révolte les cercles puissants auxquels le rapport fait référence», constate le Quotidien d'Oran.

Trois mois après le début de ces émeutes, cette enquête a pourtant un mérite. Elle donne, pour une fois sans mâcher ses mots, la mesure des violences exercées contre la population par les forces de sécurité, en l'occurrence la gendarmerie. Rien ne manque: «les tirs à balles réelles», même si le rapport ne souffle mot des balles explosives qui ont aussi été utilisées; «les saccages, les pillages, les obscénités, les passages à tabac...»

Reste qu'on voit mal comment il aurait pu en être autrement quand les récits de la population comme des journalistes étaient, partout, aussi nombreux qu'identiques. «Nier une telle évidence aurait fait perdre toute crédibilité au rapport, estime un associatif de Tizi Ouzou. Et cela aurait donné des arguments à ceux qui réclament une commission d'enquête internationale, ce que le régime veut éviter à tout prix.»

Opacité. Cette liberté de ton s'arrête toutefois à la désignation de

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