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Libération

Les gendarmes ivoiriens acquittés à la va-vite

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Bâclé, le procès les a exonérés du massacre d'octobre à Yopougon.

Publié le 04/08/2001 à 0h20

Abidjan de notre correspondante

Le procès des huit gendarmes accusés de tuerie massive en octobre 2000, dans les violences qui suivirent la présidentielle, aura été un procès pour rien. La décision d'acquitter «pour faits non constitués» les sept sous-officiers et leur commandant, rendue vendredi par le tribunal militaire d'Abidjan, a clôturé quatre jours de débats surréalistes censés apporter la lumière sur le charnier de 57 corps, découvert le 27 octobre 2000 à Yopougon, un quartier populaire d'Abidjan.

Car les témoins qui accusent les gendarmes d'avoir enlevé leurs proches avant de les exécuter et de se débarrasser des cadavres ne sont pas venus à la barre. A leur place, un policier blessé par des manifestants le jour de la tuerie, des employés d'une morgue d'où des corps auraient mystérieusement disparu, un habitant du quartier qui n'a «rien vu, rien entendu». Absentes elles aussi, plusieurs familles de victimes qui souhaitaient se porter partie civile et ont vu leur demande rejetée. Deux rescapés ont jugé trop risqué de se présenter au tribunal. Leurs récits, précis et concordants, ont pourtant été publiés par la presse (Libération du 29 octobre) et de nombreuses ONG. Mais l'escadron de gendarmerie incriminé fait partie des forces loyales au gouvernement Gbagbo, alors que les victimes appartiennent à l'opposition et à la même ethnie dioula que l'ex-Premier ministre, Alassane Ouattara, qui avait été interdit de candidature aux élections.

«Zones d'ombre». Les juges ont dû se

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