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Portrait

La Bolivie tourne la page Banzer.

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L'ex-dictateur, revenu au pouvoir par les urnes, a démissionné hier.

Publié le 07/08/2001 à 0h21

L'ancien dictateur Hugo Banzer a réussi sa sortie. Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat, revenu aux commandes par le jeu de la démocratie, avec 22 % seulement des suffrages, le président bolivien a démissionné hier, le jour de la fête nationale, dans une atmosphère consensuelle. A 75 ans, il aura fallu un cancer des poumons et du foie pour le convaincre d'abandonner le pouvoir.

Les cérémonies officielles se sont déroulées sans fausse note. Ses partisans ont accueilli le vieux général samedi soir par une grande fête, à laquelle participaient de nombreuses vedettes de la musique bolivienne. C'est un homme à lui, le vice-président Jorge Quiroga, 41 ans, qui le remplace, jusqu'à l'élection présidentielle prévue en juin 2002. Autre motif de satisfaction pour l'ex-dictateur, George W. Bush lui a envoyé un message de sympathie, vantant son rôle dans la lutte contre la production et le trafic de cocaïne.

Crimes impunis. Né en 1926 dans une famille d'origine allemande, Hugo Banzer est un militaire de carrière qui s'est vite spécialisé, notamment à l'Ecole des Amériques au Panama, dans la lutte antiguérilla et qui laisse derrière lui une longue liste de crimes impunis. Après le coup d'Etat de 1971 (le 187e d'une République qui n'avait alors que 146 ans), le général s'illustrera dans la violence institutionnalisée: tortures, disparitions, détentions arbitraires et politique raciale, comme la stérilisation forcée de femmes indiennes ou la tentative de «blanchir» la Bolivie en invitant des

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