«Que les partis loyalistes et républicains échouent ou réussissent à se mettre d'accord aujourd'hui, pour nous, la situation reste la même. Nous demeurons extrêmement vigilants. Les risques d'attentats meurtriers à Londres, de la part des dissidents de l'IRA-véritable sont réels.» L'explosion d'une voiture piégée, jeudi dernier dans le quartier londonien d'Ealing Broadway, à cinquante mètres de la bouche de métro et à l'heure où pubs et restaurants se vident, a contraint la branche antiterroriste de Scotland Yard à réévaluer la situation.
Signal. Depuis sept mois, les attentats des dissidents de l'IRA avaient principalement visé des bâtiments publics, comme deux bureaux de poste dans le nord de Londres, dans des quartiers peu habités et après minuit. A chaque fois, un avertissement avait permis à la police de boucler le quartier à temps. Celui de jeudi dernier, au contraire, était un signal clair à Gerry Adams et au gouvernement de Tony Blair. Selon Alan Fry de Scotland Yard, «les poseurs de la bombe d'Ealing ont pris le risque de commettre un carnage. Le changement de tactique semble évident».
A Belfast, Ronnie Flanagan, le chef du RUC, la police nord-irlandaise, a admis que l'IRA-véritable, avec des moyens renouvelés et une logistique efficace, constituait aujourd'hui «une menace tout à fait sérieuse». La branche dissidente disposerait aujourd'hui de deux cellules terroristes à Londres même, composées de deux douzaines de cleanskins ou lilywhites, autrement dit des jeunes mi




