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Libération

Un Festival mondial de la jeunesse en trompe-l'oeil.

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Le pouvoir n'a pas lésiné pour donner à l'Algérie une image de normalité.

Publié le 09/08/2001 à 0h22

Il aura fallu transformer Alger en forteresse pour que la révolte qui gronde dans la société ne vienne pas perturber l'inauguration du XVe Festival mondial de la jeunesse. Pour le président Bouteflika, qui n'en finit pas de lorgner vers les années 70, la tenue à Alger d'une grand-messe née de la guerre froide et de ce qu'on appelait le camp socialiste et l'anti-impérialisme devait donner au monde entier l'image d'une Algérie revenue à la «normalité» après avoir «vaincu le terrorisme». Une occasion aussi de redorer le blason d'une poignée de généraux assumant la réalité du pouvoir depuis quatre décennies, mais redoutant des poursuites internationales dix ans après le début d'une «sale guerre» qui continue à faire des victimes. Rien n'aura donc été négligé pour camoufler, à coup de peinture, de rénovation bâclée et d'installations électriques, la misère et la décrépitude d'une capitale où les rares espaces verts partent mystérieusement en fumée les uns après les autres au désespoir des Algérois.

Logiques opposées. Pour les jeunes Algériens, la tenue même de ce qu'ils appellent «un carnaval» est indécente au moment où certains d'entre eux peuvent encore mourir après avoir été grièvement blessés au cours de la répression des émeutes qui ont secoué la Kabylie et d'autres régions du pays. Coordination des tribus et villages de Kabylie, associations de jeunes, comme RAJ, ont donc utilisé le Festival pour poursuivre la mobilisation et accentuer la pression sur le pouvoir. Et pour dén

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