L'ordre est venu du plus haut niveau. C'est après une réunion du cabinet de sécurité, présidée par le Premier ministre Ariel Sharon, que les hélicoptères ont attaqué le quartier général du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Et pour qu'aucun doute ne subsiste, l'armée israélienne a revendiqué la «liquidation» du secrétaire général, accusé dans un communiqué laconique de «continuer à se livrer à des activités terroristes». Jamais depuis le début des affrontements, en septembre, Tsahal n'avait exécuté un dirigeant politique d'un tel rang. Car, en dépit d'un lourd passé combattant, Abou Ali Moustapha n'avait plus, à 64 ans, la moindre fonction militaire au sein de son mouvement.
Inflexion de stratégie. En décidant son élimination, les stratèges israéliens semblent confirmer une inflexion de leur stratégie de représailles, entamée le 31 juillet par l'opération menée contre Jamal Mansour et Jamal Salim, deux chefs politiques du Hamas, ou l'embuscade du 4 août à Ramallah contre l'adjoint de Marwan Barghouti, le patron du Fatah en Cisjordanie, qui avait bien failli perdre la vie dans cette explosion. Figures publiques de la résistance palestinienne, ces personnalités n'avaient aucune activité armée, mais toutes encourageaient l'Intifada jusque dans ses formes les plus radicales. Face à la recrudescence des attentats, Israël paraît décidé à frapper les responsables, à défaut de punir les coupables.
De ce point de vue, Abou Ali Moustapha occupait un rôle important dan




