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A Durban, l'Europe choisit son camp.

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La modération de la déclaration finale satisfait Israël.

Publié le 10/09/2001 à 0h46

La Conférence mondiale sur le racisme, qui s'est achevée samedi à Durban, aurait pu tourner au fiasco. L'adoption in extremis d'une déclaration modérée fait paradoxalement de cette réunion un événement, et cela malgré ­ ou grâce à ­ la défection des Etats-Unis le 3 septembre. Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan ne s'y est pas trompé: «De toute évidence, il va nous falloir réfléchir sur cette expérience et voir ce qu'elle peut nous enseigner.» La focalisation des débats sur le Proche-Orient, tant au sein du forum des ONG qu'entre les 160 pays présents à Durban, a abouti à une polarisation des camps, Israël étant mis en accusation au travers d'un premier texte assimilant sionisme et racisme. Au-delà de la recherche d'un compromis à tout prix, l'Union européenne et l'Afrique du Sud, pays hôte, ont au contraire contribué à faire de la conférence ce que Shimon Peres, le ministre israélien des Affaires étrangères, s'est empressé de désigner comme un «grand succès» et, en conséquence, «une défaite cuisante pour la Ligue arabe».

Côté propalestinien, on accuse le coup. La Syrie, et l'Egypte dans une moindre mesure, ont émis des réserves sur la déclaration. L'Iran a dénoncé les «pressions occidentales». Les réactions dans les pays du Golfe ont été plus vives: «L'UE a réussi à décevoir les espoirs des Arabes, des Africains et de tous les peuples qui croyaient que les conférences à caractère humanitaire étaient à l'abri des intérêts», écrivait hier le quotidien omanais Al-Watan.

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