Quand, en 1998, Hugo Chavez fut triomphalement élu président du Venezuela, le monde fut parcouru d'un frisson. L'eldorado pétrolier était désormais dirigé par un lieutenant-colonel coiffé du béret rouge des parachutistes, un métis issu d'un milieu modeste, soutenu par la gauche, un ex-putschiste qui avait raté son coup en 1992. Le chef d'Etat qui entame, aujourd'hui par la France, une tournée en Europe, n'a pas fait la révolution. Il a beaucoup discouru, pris des mesures ostensibles dont la plus populaire fut le doublement du budget de l'Education. Son ministre de l'Energie, l'ex-guérillero Ali Rodriguez, a remis de l'ordre dans l'Opep et fait remonter le prix du baril. Mais les Vénézuéliens pauvres (80 % de la population) sont toujours pauvres, les autres envoient leurs capitaux à l'étranger. Chavez a modifié les institutions de son pays, et au premier chef la Constitution, pour les rendre plus égalitaires, disent ceux qui le soutiennent, cohérentes avec l'héritage politique de Simon Bolivar, le héros de la guerre d'indépendance contre l'Espagne auquel le Président se réfère constamment. Pour se maintenir au pouvoir, répondent ses détracteurs qui dénoncent la dérive populiste et militaire de son régime.
Hugo Chavez fait les choses avec exubérance. Comme boire du café toute la journée ou s'adresser infatigablement au pueblo. Ses interventions télévisées ou radio «Alo'Presidente!» peuvent durer plusieurs heures. En cela, il ressemble à son ami Fidel Castro, avec qui il vie




