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Libération

Le marathon de Chirac au Maghreb

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A Tunis, Alger et Rabat, il a évité les sujets épineux: corruption et droits de l'homme.

Publié le 03/12/2001 à 1h50

Tunis, Alger, Rabat envoyée spéciale

Trois capitales en trente-six heures et une nuit: c'est au pas de charge que Jacques Chirac a rendu visite, samedi et dimanche, aux «pays francophones et amis» du Maghreb, consacrant trois heures à la Tunisie, cinq à l'Algérie et le reste au Maroc. Mais l'étape algéroise a fait voler en éclats le subtil dosage diplomatique imaginé par Paris pour ne vexer personne. Un passage éclair dans le quartier de Bab el-Oued, ravagé par des inondations sans précédent (lire ci-dessous), a suffi pour qu'Alger souffle la vedette à ses voisins. «Ce succès, remarquait un journaliste algérien, a cependant un goût amer pour les autorités algériennes, car l'accueil chaleureux réservé au président français leur a permis de mesurer leur rupture avec la population qui leur réserve au pire des pierres, au mieux une hostilité glacée.»

Le passage à Alger était de toute façon le moment le plus attendu du marathon de Chirac. Aucun président français n'y était venu depuis Mitterrand en 1989. Et Chirac, comme Jospin, faisait la sourde oreille aux demandes répétées des Algériens. Comme si ni l'un ni l'autre n'étaient pressés de s'afficher aux côtés d'un régime autoritaire et corrompu, considéré comme la cause, et non la solution, du conflit qui ensanglante le pays depuis dix ans.

Fermer les yeux. Mais le 11 septembre est passé par là. Et, nécessité oblige d'impliquer les pays arabo-musulmans dans la coalition antiterroriste, Paris, comme les autres capitales occidentales,

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