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Libération

Le Président redonne le sourire à Bab el-Oued

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Le quartier sinistré d'Alger, qui avait hué Bouteflika,a acclamé la visite de Chirac.

Publié le 03/12/2001 à 1h50

Alger envoyée spéciale

Une fois, dix fois, Jacques Chirac entraîne Abdelaziz Bouteflika vers la foule massée derrière les barrières. Mais c'est lui qui, dans un bain de foule comme il les affectionne, serre les mains tendues, lui qui embrasse les enfants, après que la partie française eut insisté pour que les services de sécurité algériens ne «contiennent» pas les gens trop loin. Lui que les habitants de Bab el-Oued veulent saluer, lui qui précipite un gosse dans les bras du président algérien. «Chirac, Chirac!», crie la foule dans une cohue indescriptible, quand rares sont ceux qui acclament Bouteflika.

Campagne électorale. Trois semaines après les inondations qui ont ravagé ce quartier populaire d'Alger, faisant au moins 752 morts, les deux chefs d'Etat ont trouvé le moyen de donner l'apparence d'une visite officielle à l'étape algéroise d'une tournée maghrébine. L'occasion pour Jacques Chirac de mener tambours battants à Bab el-Oued une campagne électorale s'adressant aux millions de Maghrébins susceptibles de voter en France. L'événement s'est en effet joué ici, sur trois cents mètres de ruelles défoncées, parcourus à pied par Bouteflika et son homologue français.

Spontanéité. Si des banderoles impeccables ­ «Aussaresses = GIA = Ben Laden» ­ suggèrent une préparation très «encadrée», le nombre de petits drapeaux algériens et français et les applaudissements témoignent de la spontanéité des habitants. Après que l'incurie des autorités a provoqué leur colère, beaucoup sont vi

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