Montpellier de notre correspondante
Mardi, en fin de journée, Aïcha croit «recevoir une décharge électrique» dans sa villa sur les hauteurs de Narbonne. Des journalistes américains viennent de lui apprendre que son fils Zacarias, interpellé le 17 août dans le Minnesota, est inculpé dans le cadre de l'enquête sur les attentats du 11 septembre. Elle relit alors une nouvelle fois la longue lettre que Zacarias lui a écrite du fond de sa cellule à New York : «Concernant l'histoire américaine, ne t'inquiète pas, je n'ai rien fait et je le prouverai le temps venu, Inch' Allah. Je n'ai pas accès aux informations, mais j'ai l'impression que je suis déjà condamné d'après ce que l'avocat qu'ils m'ont donné me dit.»
Pantalon pakistanais. Depuis ce jeudi 13 septembre où des policiers sont venus lui apprendre l'implication présumée de son fils dans les mouvements fondamentalistes, ses voyages en Afghanistan, au Pakistan, et son inscription sur les fiches de la DST dès 1999, Aïcha ne sait plus que croire. Une première fois, début 2000, les policiers viennent lui demander si elle sait où se trouve Zacarias, lui disent qu'ils cherchent à entrer en contact avec lui dans le cadre d'une enquête sur la mort d'un copain. Aïcha ne sait rien. La dernière fois qu'elle a vu son fils, c'était en 1997. Cet été-là, de passage à Narbonne avant de repartir à Londres où il vivait depuis 1992, Zacarias lui a demandé de lui coudre un pantalon pakistanais. Couturière, avant de devenir agent chez France Télécom,




