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Libération

Le musée du Grand Satan ouvre à Téhéran

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Exposition antiaméricaine permanente dans l'ex-ambassade des Etats-Unis.

Publié le 15/12/2001 à 1h58

Téhéran envoyé spécial

A gauche, le corps sculpté grandeur nature d'un Américain en battle-dress, chair flasque et joues satisfaites, les mains croisées derrière la tête. A droite, sculptée elle aussi, en modèle réduit, on reconnaît la statue de la Liberté, mais à la place du ventre se tiennent des barreaux derrière lesquels picore une blanche colombe aux ailes en plâtre ébréchées. Au pied des marches de l'ancienne ambassade américaine à Téhéran, ces deux statues accueillent le visiteur, qui, en levant les yeux, peut lire sur des drapeaux américains: «Mort à l'Amérique». L'ex-ambassade est aujourd'hui le musée du «Grand Satan». L'exposition est permanente, l'entrée gratuite. Et le spectacle garanti.

Présence encombrante. Le 4 novembre 1979, les étudiants islamiques forçaient l'entrée de l'ambassade et prenaient en otage les 52 Américains qui s'y trouvaient. Ils n'allaient être libérés que 444 jours plus tard; les relations entre les deux pays furent rompues. En 1981, l'imposante ambassade était occupée par les pasdarans (les gardiens de la révolution) qui en firent leur fief. Une présence devenue, au fil des années, encombrante. Transformer le lieu en musée semble une façon astucieuse de récupérer l'édifice tout en jouant sur la corde sensible de l'antiaméricanisme.

Dans l'escalier qui conduit à l'exposition au premier étage, sur une affiche, l'ayatollah de service évoquant les otages parle de «l'humiliation» infligée à «l'arrogance» américaine. Nulle part, cependant, il ne ser

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