Johannesburg de notre correspondante
A 7 h 45 précises, comme tous les matins, Sipho émerge de la Mercedes blanche de son père. En uniforme d'écolier, pantalon de flanelle grise et blazer à rayures, il est le seul écolier noir, dans la cohorte d'enfants blancs parsemée d'Indiens qui se pressent aux portes de Crawford, l'un des établissements les plus chic de Pretoria.
Cette école à l'ancienne représente une valeur sûre pour les enfants des «nouveaux riches» de la «nouvelle» Afrique du Sud. Réservée aux garçons, elle fait la part belle aux sports favoris des Blancs, rugby et cricket. Bâtiment victorien de briques rouges, pelouses rasées de près, l'endroit fleure bon le collège à l'anglaise. A la fois école primaire, collège et lycée, Crawford est prisé par les élites indienne et juive ayant réussi dans les affaires. «Les rares Blancs à s'être battus contre l'apartheid viennent de la communauté juive qui se montre la plus tolérante, en tout cas la plus ouverte à une société multiraciale», explique le père de Sipho, un quadra tiré à quatre épingles.
Sélection. Avec un père directeur d'une société minière et une mère en charge du marketing à la télévision nationale, Sipho n'a eu aucune difficulté à y être admis. Comme dans la plupart des établissements privés du pays, la sélection se fait d'abord par l'argent. A 5 000 rands (657,09 euros) le trimestre, le tri s'opère «naturellement», affirme Raymond Clarke, administrateur de l'établissement. Pour les classes supérieures, inscrire l




