Budapest de notre correspondante
Istvan Lovas, éditorialiste connu pour ses positions d'extrême droite, a une méthode toute trouvée pour faire taire les journalistes étrangers qui critiquent la Hongrie. «Pourquoi pas... une petite castration?», lance-t-il sur la chaîne câblée Magyar ATV, un vendredi soir à l'heure du prime time, sur le ton de la plaisanterie. La «blague» fait référence à un journal israélien qui a publié l'appel de volontaires juifs à castrer des prisonniers arabes. Elucubrations d'un plumitif au service d'une extrême droite marginale? Rien de moins sûr, car Istvan Lovas a tribune libre dans le Magyar Nemzet, quotidien très progouvernemental. Il y a multiplié les attaques ces dernières semaines contre la presse étrangère, sur un ton xénophobe et parfois antisémite.
Autoritarisme. Sa campagne sert les objectifs de la droite au pouvoir: rafler un maximum de voix à l'extrême droite aux prochaines législatives, le 7 avril. Viktor Orban dirige cette droite depuis que son parti des Jeunes Démocrates (Fidesz) a remporté les élections de 1994. A 38 ans, celui qui reste un des plus jeunes Premiers ministres d'Europe se définit comme un gestionnaire de la politique. Il incarne une droite républicaine et sincèrement européenne, mais non dépourvue d'autoritarisme. «Il y a du Charles Pasqua et même du Philippe de Villiers en lui», explique Tibor Varkonyi, éditorialiste du journal Magyar Hirlap.
En 1994, la Fidesz a formé un gouvernement avec deux petits partis conservateurs




