L'initiative qui se résume à la relance du fameux principe «la terre contre la paix» était spectaculaire. Elle a vite occupé le devant de la scène. Même si les Arabes ont souvent lié la normalisation de leurs relations avec Israël à un progrès dans le processus de paix, une telle offre ne pouvait en effet passer inaperçue, compte tenu de la personnalité de celui qui l'a avancé : le prince Abdallah, qui dirige de facto la très rigoriste Arabie Saoudite depuis 1995. Moins d'une semaine après avoir proposé, dans un entretien au New York Times, «le retrait total [d'Israël] de tous les territoires occupés, y compris de Jérusalem, contre une pleine normalisation» avec tous les pays arabes, le prince Abdallah peut donc se targuer d'avoir redonné vie à la diplomatie au Proche-Orient. Et à faire mou che là où il le voulait: aux Etats-Unis et en Israël.
Evolution. S'entretenant avec le dirigeant saoudien hier par téléphone, George W. Bush a ainsi «fait l'éloge» de cette initiative. Cette évolution des Etats-Unis, restés jusque-là très prudents, a été dictée par la position des pays arabes alliés de Washington. Egypte et Jordanie se sont en effet mobilisées en faveur de l'offre saoudienne, appelant Israël à «réagir positivement», tandis que les Emirats arabes unis et Bahrein saisissaient la balle au bond.
Israël, l'autre «cible» visée par Riyad, a dû également réagir. «Abdallah voulait avant tout envoyer un message à l'opinion israélienne et lui montrer, au moment où elle commence à




