Tokyo de notre correspondant
Les photos sous-marines sont floues, mais leur publication à la une de la presse japonaise trahit leur importance. Depuis quelques jours, les forces navales nipponnes sont à pied d'oeuvre pour renflouer, au large de l'île méridionale de Kyushu, l'épave d'un chalutier présumé nord-coréen coulé le 22 décembre par les gardes-côtes de Tokyo. Un «mystère» digne de la guerre froide : interpellé après une course-poursuite nocturne, le bateau envoyé par le fond a réveillé dans l'Archipel le fantôme des très fructueuses relations qu'entretient le régime stalinien de Pyongyang avec la communauté de résidents d'origine nord-coréenne du Japon et les réseaux mafieux des yakusas.
Mission clandestine. Repéré par les satellites espions américains, le bateau a été coulé après que son équipage avait tiré sur les gardes-côtes japonais. Il n'y a pas eu de rescapés. Seuls deux corps ont été repêchés. Le chalutier était sans doute chargé, selon les services de renseignement nippons, d'une mission clandestine du style convoyage de drogue ou d'amphétamines.
La Corée du Nord est, de longue date, soupçonnée d'être de mèche avec la pègre japonaise qu'elle approvisionnerait en fausses devises (yens, dollars...), en stupéfiants et parfois en armes de poing, très difficiles à obtenir au Japon. Un trafic couvert et rémunéré via plusieurs associations dissimulées au sein de la communauté nord-coréenne du Japon, forte de quelque 170 000 personnes.
Réseaux mafieux. Le fait que les mi




