Lisbonne envoyée spéciale
Défi à la justice d'un pays où l'avortement est encore passible de trois ans de prison, leurs T-shirts blancs l'avouent en grosses lettres: «J'ai déjà avorté.» En cette Journée internationale de la femme, elles sont une trentaine de manifestantes devant le tribunal de Setùbal, une ville au sud de Lisbonne, où trois femmes risquent d'être jugées pour interruption illégale de grossesse.
A quelques jours des législatives du 17 mars, le Bloco de Esquerda, petit parti d'extrême gauche entré au Parlement il y a peu, est le seul à avoir osé faire de la liberté d'avorter un de ses principaux slogans de campagne. Ni le Parti socialiste, ni le PSD (droite), favori des sondages, ne se sont appesantis sur ce sujet, revenu en janvier sur le devant de la scène avec le «maxi-procès», qui s'est tenu à Maia (nord): 43 inculpés, dont 17 femmes accusées d'avoir eu recours aux services d'une sage-femme, qui opérait chez elle.
Officine. Sous les néons d'un gymnase transformé en salle d'audience, Sandra, 24 ans, fut l'une des seules à avoir le courage de raconter, en larmes, le calvaire de sa vie, dans un quartier de taudis où la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. Elle fut la seule condamnée quatre mois de prison, peine commuée en une amende de 120 euros , les autres étant relaxées pour absence de preuves ou prescription des faits.
Maria do Ceu Ribeiro, la sage-femme, avait monté une officine très lucrative, comme il en existe des dizaines dans le pa




