Safiya a pleuré de joie. Puis elle a remercié Dieu. Des avocats, des représentants d'associations des droits de l'homme, des gens qui avaient fait des milliers de kilomètres pour assister à son procès se sont pressés autour de celle qui, ici, dans ce Nord nigérian régi par la charia (la loi islamique), n'est qu'une femme adultère vouée au mépris et aux pierres. Safiya, tirée de l'anonymat par une formidable campagne internationale, s'est vite éclipsée pour retourner dans son village de terre. Libre et disculpée : la cour d'appel de Sokoto a annulé, hier, le verdict qui la condamnait à la mort par lapidation.
Premiers aveux. Lors de l'audience en appel, le 18 mars, son avocat avait fait valoir que le tribunal islamique qui l'avait jugée en octobre 2001, huit mois après la naissance d'une petite fille née hors mariage, n'était pas compétent. La défense avait notamment rappelé que la loi sur laquelle s'était fondée la condamnation n'en était pas une au moment des faits reprochés. Dans l'Etat de Sokoto, la charia, qui existait sous une forme coutumière, n'a été officialisée et élargie aux affaires criminelles que le 29 mai 2000. Par ailleurs, a fait valoir Me Ibrahim, la charia autorise les accusés à revenir sur leurs confessions, ce qu'avait fait Safiya.
Cette femme illettrée et prématurément vieillie, paniquée par l'arrivée de la police dans son village, avait d'abord avoué que le père d'Adama était un voisin. C'était la version de la police, qui avait arrêté l'homme en même tem




