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Libération
Interview

«Tortures et viols se sont multipliés»

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Publié le 26/03/2002 à 22h42

Le 11 septembre et la guerre en Afghanistan ont jeté un écran de fumée sur le drame qui se joue quotidiennement en Tchétchénie, sans témoins. Les autorités russes y interdisent tout travail journalistique indépendant. Lors de la seconde guerre en Tchétchénie, Andreï Babitski travaillait pour Radio Free Europe et fut l'un des rares journalistes russes à rendre compte des événements du côté de l'armée russe comme de la résistance tchétchène. Il dérangeait, contredisant la version officielle du conflit. Les services de Poutine, ex-colonel du KGB devenu président, l'arrêtèrent et montèrent un scénario grotesque visant à accréditer l'image d'un journaliste vendu aux «bandits». Sans la campagne médiatique qui suivit son arrestation, il est probable que Babitski ne serait plus de ce monde. Aujourd'hui, il raconte dans un livre (1) ses deux guerres en Tchétchénie, brosse au passage des portraits sans complaisances des «héros», aussi bien russes que tchétchènes. Pour finir, il raconte son arrestation et sa captivité, pages qui en disent long sur les manipulations du pouvoir post-soviétique. Depuis, Babitski s'est réfugié à Prague, siège de Radio Free Europe.

Avez-vous pu retourner en Tchétchénie ?

Je suis revenu plusieurs fois en Russie. A chaque fois, on a vérifié mes papiers pendant une heure, c'est anecdotique. Je suis confronté aux mêmes problèmes que mes collègues russes ou étrangers : on ne peut travailler en Tchétchénie que sous escorte militaire russe. Comment exercer son métie

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