L'indifférence des Algériens à l'égard des législatives prévues le 31 mai augurait déjà mal du devenir de ce septième recours aux urnes depuis 1995. L'appel à une «dissidence électorale citoyenne pacifique et nationale» lancé, hier à Alger, par le principal parti d'opposition non islamiste, le Front des forces socialistes (FFS), risque de porter un coup sévère à la crédibilité du futur scrutin. «Participer ou boycotter n'a aucun sens. Il faut d'abord être citoyen ou citoyenne ce qui a toujours été refusé aux Algériens pour donner du sens à ces actes. Aujourd'hui, il ne s'agit pas d'un boycott, c'est le principe même d'organiser des élections dans les conditions actuelles que nous rejetons», affirmait hier Ahmed Djeddaï, le premier secrétaire de ce parti, en dénonçant «l'absence de toute garantie qu'elle soit politique ou technique» susceptible d'assurer la régularité du vote.
«Pôle démocratique». Cette décision risque d'avoir un écho d'autant plus grand qu'elle dépasse le cadre du FFS. Plusieurs personnalités de premier plan, consultées par ce parti, ont en effet estimé que des élections «n'étaient pas une solution» et qu'elles pouvaient «aggraver la crise nationale au moment où un danger pèse sur la cohésion» du pays. Il s'agit notamment de Taleb Ibrahimi, du général en retraite Rachid Benyellès, de trois anciens premiers ministres, Mouloud Hamrouche, Sid Ahmed Ghozali et Mokdad Sifi, d'Abdelhamid Mehri, l'ex-numéro 1 du FLN, l'ancien parti unique, ou d'Ali Yahia, le pré




