Attentat ou accident ? Tunis avait de plus en plus de difficultés, vendredi, à défendre la thèse de l'accident, alors que le bilan de l'explosion du camion-citerne à la synagogue de Djerba s'avère beaucoup plus lourd que prévu : 10 morts, dont 6 touristes allemands, et 32 blessés, dont 16 graves.
Les invraisemblances de la version officielle tunisienne selon laquelle le camion a «explosé après avoir heurté accidentellement le trottoir et le mur entourant la synagogue» sont en effet relevées par tous les témoins. Et ce, même si le président Ben Ali a obtenu le soutien des responsables de la communauté juive locale, qui entend préserver une présence millénaire sur une «terre de tolérance». «C'est un accident. En tout cas, c'est très mauvais pour l'économie, le tourisme et le pèlerinage dans deux semaines», répétait, vendredi, son président Perez Trabelsi. «A supposer que ce soit un acte criminel, il ne serait qu'isolé», renchérissait Gérard Berebi, le responsable de la communauté juive de Tunisie, en concédant : «Quand même, vu de l'extérieur, la coïncidence paraît très forte.» «Je ne peux rien dire sur l'hypothèse d'un acte délibéré», lâchait le grand rabbin de Djerba.
Voie sans issue. La configuration des lieux met, quoi qu'il en soit, à mal la thèse de Tunis, qui évoquait vendredi une «mauvaise manoeuvre ou un mauvais état des freins du camion». La synagogue donne en effet sur une voie sans issue. Et le passage d'un camion, dans une ruelle de six mètres de large à un endr




