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Libération

Djerba: Ben Ali se résigne a l'attentat

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Cinq jours après l'explosion, Tunis cède à la pression allemande.

Publié le 17/04/2002 à 23h03

Il aura fallu cinq jours et des pressions allemandes répétées pour amener le régime de Zine Ben Ali à abandonner sa version d'une explosion «accidentelle», jeudi, à la synagogue de Djerba. Celle-ci avait fait quinze morts et plus de trente blessés, dont trois sont toujours entre la vie et la mort. Après que le ministre tunisien de l'Intérieur eut informé verbalement, lundi, Paris et Berlin qu'il pourrait s'agir d'un attentat (Libération du 16 avril), Français et Allemands attendaient une déclaration officielle de Tunis, le soir même ou hier matin.

C'est finalement sous la forme d'un court communiqué que Zine Ben Ali aura reconnu, hier, sans reconnaître tout en reconnaissant qu'il ne s'agissait pas d'un accident. Ce texte des «autorités tunisiennes» évoque en effet pour la première fois la possibilité d'un attentat en affirmant que «le conducteur du camion (originaire de Lyon, ndlr) peut être considéré comme un suspect en rapport avec des résidents en Allemagne». Les recherches, précise ce communiqué, se poursuivent «sans négliger aucune piste, y compris les liens du suspect avec des individus vivant en Allemagne, et en coordination avec les parties étrangères concernées, à savoir allemande et française». Les Tunisiens, qui inscrivent ces investigations «dans le contexte des actes dirigés contre des lieux de culte juif dans certains pays européens», ne dévoilent toutefois ni l'identité ni la nationalité du chauffeur, dont ils affirment que le corps a été calciné.

«Verrouillage»

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