Budapest
de notre correspondante
Jamais depuis la fin du communisme, la Hongrie n'a connu une campagne électorale aussi hystérique. La Fidesz (droite, Jeunes démocrates), parti du Premier ministre sortant, Viktor Orban, et celui des socialistes (ex-communistes réformateurs) mené par Péter Medgyessy, 59 ans, efficace technocrate sans charisme, sont au coude à coude. Après le premier tour des législatives, il y a quinze jours, le leader de la droite, sonné par son mauvais score, appelait sur un ton autoritaire une foule de quelque 50 000 personnes à «défendre la nation contre la barbarie communiste».
Un appel du pied aux votants d'extrême droite (Miép, parti raciste et antisémite), lancé à Buda, la ville haute et résidentielle. Orban espère récupérer leurs voix. Du coup, Pest la rouge, bastion socialiste, séparée de sa soeur par le Danube, prend peur. C'est dans ses rues que toutes les révolutions hongroises ont pris feu, celle de 1848 contre l'occupant autrichien, celle de 1956 contre l'occupant russe. Le Premier ministre sortant se préparerait-il déjà à contester les résultats du second tour qui se déroulera dimanche ?
Quelques jours plus tard, Orban parle à nouveau, place du Parlement, devant plusieurs centaines de milliers de personnes venues de toute la Hongrie. Surprise, le discours est modéré. Cette fois, coup de barre au centre.
Fraudes et faillites. Le leader de la droite semble paniqué à l'idée de perdre le pouvoir. En quatre ans, ce dirigeant autoritaire a pris le contrô




