Medellin correspondance
Cent huit civils ont été tués la semaine dernière, lors de combats entre guérilleros d'extrême gauche et paramilitaires d'extrême droite à Bojaya, village perdu dans la jungle du Nord-Ouest colombien, a annoncé samedi le gouverneur de la province du Choco. «Selon les informations qui me sont parvenues de la mairie de Bojaya, 68 cadavres ont été identifiés dans les chapelles de la ville et plus de 40 doivent encore l'être», a-t-il déclaré à la chaîne d'information Radionet, ajoutant que «toutes les victimes sont des civils».
Le précédent bilan communiqué par le maire de Bojaya, Ariel Palacio, faisait état de 60 civils tués et de 105 blessés, dont 13 grièvement. La population avait été regroupée dans l'église afin de se protéger des combats, mais le bâtiment a été détruit par un engin explosif. A Bojaya, ce sont près de six cents paramilitaires de l'Autodéfense unie de Colombie (AUC, forces d'extrême droite rassemblant 10 000 hommes) qui s'opposent à huit cents guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, groupe marxiste comptant 17 000 hommes) depuis plus de huit jours.
Jusqu'ici, l'armée, totalement débordée, a laissé les deux ennemis s'entre-tuer. «Nous allons arriver sur place le plus tôt possible», a affirmé le général Leonel Gomez, qui a ajouté que les combats auraient pris fin. Les autorités sont absentes de Bojaya depuis que les Farc ont chassé les derniers policiers en 2000. La guérilla d'extrême gauche contrôlait le secteur j




